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La construction du patrimoine éthiopien

Membres : Guillaume Blanc (Musée du quai Branly/IMAF), Pauline Bosredon, (Université de Lille 1/Laboratoire TVES), Marie Bridonneau (Université Paris-Ouest Nanterre-La Défense/LAVUE-Mosaïques, UMR 7218), Amélie Chekroun (IMAF), Deresse Ayenachew (Debre Berhan University/CFEE), Élise Demeulenaere CNRS/Éco-anthropologie et ethnobiologie, UMR 7206), Serge Dewel (INALCO/CREE), Jean-Baptiste Eczet (Fondation Fyssen – Museu Nacional (Rio de Janeiro)/LAS, UMR 7130), Thomas Guindeuil (CFEE/IMAF), Margaux Herman (CFEE/IMAF), Marie Huber (Department of History at the Humboldt Universität zu Berlin), Chloé Josse-Durand (IEP de Bordeaux/LAM, UMR 5115), Wessen Shiferaw (EHESS)

Le patrimoine occupe une place incontournable en Éthiopie, où il tient souvent lieu de politique culturelle. Omniprésent dans la communication politique de l’État fédéral mais aussi des régions, des villes, sa promotion et sa protection mobilisent aujourd’hui une armée de travailleurs (fonctionnaires, tour-operators, guides, etc.). L’enjeu se veut d’abord économique : valoriser la richesse historique, géographique et la diversité culturelle du pays pour désenclaver les régions isolées et pour soutenir le développement du pays. L’Éthiopie veut se hisser au premier rang des destinations touristiques africaines (pays qui compte le plus grand nombre de sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO). Avec la notion de « patrimoine immatériel », des objets de toute nature peuvent « faire patrimoine ».

Régulièrement amené à accompagner les institutions éthiopiennes dans leur politique de valorisation du patrimoine, le CFEE réunit aujourd’hui une équipe interdisciplinaire étudiant :
- Le développement des institutions en charge de la construction du patrimoine en Éthiopie (y compris la formation universitaire des cadres de ce domaine), un développement qui est lié à l’appropriation de la notion de patrimoine et des discours afférents, mais qui fait écho à d’anciennes pratiques des institutions religieuses et l’État ;
- Les revendications et appropriations locales liées à la notion de patrimoine en Éthiopie, entre construction de l’État-nation (« sentiment patrimonial » des élites du pays) et fédéralisme ethno-régional déclinant les processus de patrimonialisation et de muséification des productions culturelles (musique, architecture, cuisine, langues, etc.)
- Les implications des politiques de « mise en patrimoine » pour les acteurs en charge de leur mise en œuvre et pour les populations les plus directement concernées, ce qui permet de revisiter les rapports entre élites et différentes classes sociales, entre l’État, ses régions et les populations administrées, etc. ;
- Les relations de l’Éthiopie avec le reste du monde, notamment avec les organisations internationales et les réseaux d’expertise compétents dans ce domaine, dans lesquels les Éthiopiens sont de plus en plus visibles, ou encore les transformations au sein de la population éthiopienne quant à son rapport à l’extérieur.

Animation : Guillaume Blanc, Marie Bridonneau, Thomas Guindeuil.

Actualités

Suivez l’actualité de ce programme sur le blog scientifique du CFEE :
http://cfee.hypotheses.org/category/divers/actualites-de-nos-programmes-news-from-our-programs/the-ethiopian-heritage-in-the-making

Bibliographie

1. Publications collectives / Collective publications

Études rurales, n°197, numéro thématique « Penser l’histoire environnementale de l’Éthiopie. Écologie, territoires et sociétés » (dir. Guillaume Blanc, Grégory Quenet), à paraître en 2016.

EchoGéo, 2015, n° 31, numéro thématique « Glocal Ethiopia » (dir. Marie Bridonneau, Sabine Planel) (http://echogeo.revues.org/13577).

2. Livres, articles et chapitres d’ouvrage / Books, articles and book chapters

Guillaume Blanc, 2015, Une histoire environnementale de la nation. Regards croisés sur les parcs nationaux du Canada, d’Éthiopie et de France, Paris, Publications de la Sorbonne, série « histoire environnementale - 01 ».

Guillaume Blanc, 2014, « Les montagnes du Semen : justice naturelle, injustice politique », Narratives of change/Récits et environnements (http://www.narrativesofchange.com/fr/et/les-montagnes-du-simien-justice-naturelle-injustice-politique.html).

Guillaume Blanc, 2013, « Le Simien Mountains National Park (Éthiopie), un “territoire-patrimoine” de violence », dans A.-F. Garçon et al. (dir.), L’aluminium et la calebasse. Patrimoines techniques, patrimoines de l’industrie en Afrique, Paris/Belfort, UTBM/Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, p. 133-145.

Guillaume Blanc, 2010, « Constructions nationale et patrimoniale dans l’Érythrée indépendante », Annales d’Éthiopie, vol. 25, 2010, p. 209-228.

Guillaume Blanc, Marie Bridonneau, 2015, « Conseiller, expert et consultant en patrimoine : la construction d’une figure de l’Éthiopie contemporaine », EchoGéo, n° 31, « Glocal Ethiopia » (http://echogeo.revues.org/14128).

Marie Bridonneau, 2015, « Cartographier le site de Lalibela (Éthiopie) - Usages et enjeux d’un outil scientifique. Rencontre avec Marie-Laure Derat et Claire Bosc-Tiessé », EchoGéo, n°31 (http://echogeo.revues.org/14191).

Marie Bridonneau, 2014, Lalibela, une ville éthiopienne dans la mondialisation – Recompositions d’un espace sacré, patrimonial et touristique, Paris, Karthala.

Marie Bridonneau, 2013, « S’ancrer dans le monde « pour une vie meilleure », les rencontres entre habitants et touristes à Lalibela (Éthiopie), petite ville du Patrimoine mondial », Via@, n° 2013-2 (http://www.viatourismreview.net/Article22.php).

Marie Bridonneau, 2013, « Gaining a foothold in the world “for a better life” - Encounters between inhabitants and tourists in Lalibela (Ethiopia), a small World Heritage town », Via@, n° 2013-2 (http://www.viatourismreview.net/Article22_EN.php).

Marie Bridonneau, 2012, « Reconstructions paysagères autour des églises de Lalibela : enjeux d’un processus de patrimonialisation en Éthiopie », Géographie et cultures, n°79, p. 29-46 (http://gc.revues.org/363).

Marie Bridonneau, 2011, « Le patrimoine, un outil pour le développement ? Étude de la mise en place d’un jeu d’acteurs complexe à Lalibela », dans Michel Vernières (dir.), Patrimoine et développement – Études pluridisciplinaires, Paris, 2011, Gemdev-Karthala, p. 93-109.

Marie Bridonneau, 2014, « Lalibela, haut lieu du changement », Narratives of change/Récits et environnements (http://www.narrativesofchange.com/fr/et/lalibela-haut-lieu-du-changement.html).

Marie Bridonneau, 2013, « Lalibela, une petite ville amarrée au monde », Carnets de géographes, n° 6, (http://www.carnetsdegeographes.org/carnets_soutenances/sout_06_03_Bridonneau.php).

Marie Bridonneau, 2010, « Patrimonialiser le centre colonial d’Asmara. Des politiques culturelles et de développement urbain aux enjeux de construction nationale », Pount, n°4, p. 27-51.

Marie Bridonneau, Pauline Guinard, 2014, « Traces encombrantes, patrimoine encombré. Une mise en regard Lalibela (Éthiopie) – Johannesburg (Afrique du Sud) », dans G. Djament-Tran (dir.), La métropolisation de la culture et du patrimoine, Paris, 2014, Editions du Manuscrit, p. 463-500.

Amélie Chekroun, 2011, « Un archéologue capucin en Éthiopie (1922-1936) : François Bernardin Azaïs », Afriques. Débats, méthodes et terrains d’histoire, varia (http://afriques.revues.org/785).

Chloé Darmon, 2010, « L’agäw xamtanga : illustration du contact de langues avec l’amharique et mise à jour sociolinguistique », Pount, n° 4, p. 169–195.

Elise Demeulenaere, 2010, « Book Review : Elizabeth E. Watson, 2009, “Living Terraces in Ethiopia – Konso Landscape, Culture & Development” », Annales d’Éthiopie, vol. 25, p. 322-325.

Jean-Baptiste Eczet, 2012, « Les belles idées de la défigurée : à propos du plateau labial des Mursi (Éthiopie) », Images Re-vues, vol. 10 (http://imagesrevues.revues.org/2501).

Thomas Guindeuil, 2014, « L’ivresse et le flacon. Collections ethnographiques et histoire de la culture matérielle du boire en Éthiopie (XVIe-XXe siècle) », Gradhiva, nouvelle série, vol. 19, p. 243-267.

Thomas Guindeuil, 2016, « Les années "Hoy". Stanislaw Chojnacki et la mise en musée de la culture éthiopienne (Addis-Abeba, 1950-1975) », Cahiers du CAP, vol. 3, p. 165-197.

Chloé Josse-Durand, 2015, « Le musée Konso au cœur de l’arène : quand les courtiers en développement (re)dessinent les contours du champ politique éthiopien », EchoGéo, n°31, « Glocal Ethiopia » (http://echogeo.revues.org/14144).

3. Thèses en préparation

Serge Dewel, « Addis Abäba, image de la nation (1916-1966) : patrimoine et commémorations dans la mise en scène du pouvoir en Éthiopie », dir. Taline Ter-Minassian, Delombera Negga, INALCO.

Chloé Josse-Durand, « Le « temps des musées » : bâtir les mémoires locales, donner corps au récit national. Les politiques publiques de la mémoire au prisme des appropriations contemporaines du passé au Kenya et en Éthiopie », dir. Denis-Constant Martin, Science Po Bordeaux (LAM).

Wessen Shiferaw, « Politiques de protection et de valorisation du patrimoine et usages du passé en Éthiopie (XIXe-XXe siècle) », dir. Christian Jacob, Éloi Ficquet (EHESS).